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Le Comptoir de La Guilde "Microprojets" :
quand l'action locale répond aux enjeux globaux

Le 21 avril 2026, La Guilde a réuni des porteurs de projets issus d’associations, des volontaires internationaux, des partenaires, mais aussi des curieux, à l’occasion du Comptoir de La Guilde du mois d’avril, dédié aux initiatives de solidarité internationale que l’on aime à nommer « Microprojets » à La Guilde.

Une conviction réunissait : les microprojets ne sont pas des « petits » projets, mais plutôt des leviers concrets, à taille humaine, pour répondre aux grands enjeux environnementaux, sociaux et économiques. 

Retour sur une soirée riche en témoignages et en engagements.

Changer le regard sur les initiatives de solidarité internationale

Dans un contexte de remise en question de l’aide au développement et de restriction budgétaire, La Guilde a souhaité, le temps d’un Comptoir, donner la parole à celles et ceux qui agissent au plus près du terrain. L’enjeu : montrer que derrière chaque microprojet se cache une réponse précise, ancrée, et souvent transformatrice bien au-delà des enjeux locaux auxquels elle répond.

Forêts amazoniennes, requins du Golfe de Guinée, apiculture en Casamance, école d’art à Tambacounda… Des sujets en apparence bien différents mais qui traduisent une volonté d’associations, reposant principalement sur des bénévoles, d’agir auprès des populations là où les besoins sont les plus forts, avec des moyens limités mais où l’impact est bien réel.

Protéger la biodiversité, des forêts d’Amazonie aux fonds marins

La soirée s’est ouverte avec le témoignage d’Esmeralda Guzman, Présidente de l’association SelvaViva (« forêt vivante »), qui agit à Puerto Guzman dans le sud-ouest de la Colombie, au cœur de l’Amazonie. Sur ce territoire confronté à la déforestation, aux activités extractives et à des tensions sociales, grâce à un partenariat de longue date avec la fondation ItarKades jeunes qui « peuvent encore changer les choses » ont été formés à l’éducation environnementale par la production audiovisuelle.

Entre 300 et 1200 jeunes sont sensibilisés chaque année, en Colombien en Allemagne et en France grâce aux actions de l’association, et notamment aux productions réalisés par les jeunes colombiens, diffusées à plus grande échelle.

En partenariat avec ASTER Bretagne, l’association SelvaViva et la fondation ItarKa se mobilisent autour d’un nouveau projet voit le jour depuis quelques mois, « Cana Nova, habitat digne », qui vise à créer des logements à partir de bois locaux pour des familles précaires. Diego, un volontaire envoyé par La Guilde dans le cadre du programme V-Amazonie, est présent sur place pour appuyer les recherches réalisées sur les matériaux de construction. 

Esmeralda Guzman (SelvaViva) en échange avec Héloïse Ruban (La Guilde)
Hugues de Kerdrel présentant le suivi satellitaire des requins baleine dans le Golfe de Guinée

Puis cap sur l’archipel de Sao-Tomé-et-Principe with Hugues de Kerdrel, co-fondateur de l’association Over the Swell et fondateur de la Mission William, et nommé en 2026 au top 50 de « ceux qui changent le monde » par l’Explorer’s Club de New York. 

Avec la mobilisation de pêcheurs, d’enfants et des autorités locales, l’association oeuvre à la protection des requins baleines et des requins marteaux à travers la Mission William. Un travail de taggage des animaux est en cours pour collecter des informations sur ces espèces méconnues et en danger. L’association se mobilise également aux côtés notamment de la Fondation de la Mer pour faire émerger une aire marine protégée dans le Golfe de Guinée, zone migratoire de la mégafaune marine.

Agir sur le social et l’économique, sans jamais les séparer de l’environnemental

Parce que le développement durable, ce n’est pas seulement protéger l’environnement. C’est aussi et de façon indissociable agir sur les conditions sociales et économiques des populations, notamment des jeunes et des femmes.

La seconde partie de la soirée a mis en lumière deux projets sénégalais portés par Charlotte Bour de l’association LAAFI France, et Bocar Niang de l’association sénégalaise Free label

L'apiculture est une façon de répondre à un problème multiple : (politico)social, économique et environnemental. Ce sont trois piliers interconnectés. Si on ne traite pas ces sujets en silo, on devra fermer boutique. - Charlotte Bour, LAAFI

LAAFI, créée il y a une trentaine d’années s’est spécialisée dans l’apiculture. Un lien très fort avec le Burkina Faso s’est noué, où ce sont désormais des centaines de coopératives qui produisent 250 tonnes de miel par an. Cette association accompagne également depuis quelques années l’autonomisation des femmes par l’apiculture en Casamance (Sénégal) grâce au projet SENAPI mené avec l’association APISEN. Protection de la mangrove, structuration en coopérative, formation des femmes à l’apiculture, vente locale : les trois piliers du développement durable sont indissociables.

Free label, fondée par Bocar Niang, a créé Tamba Ecole d’Art à Tambacounda, ville carrefour des cultures au Sénégal. Une école gratuite, qui offre à des jeunes éloignés de l’éducation artistique l’opportunité de se professionnaliser grâce à des formations et rencontres avec des artistes nationaux et internationaux, de vendre leurs oeuvres, de les exposer, de réfléchir ensemble autour de l’art… L’association développe également le Musée Griot.te.s, premier musée à Tambacounda qui ouvrira ses portes en décembre 2026 et permettra aux jeunes notamment d’y exposer leur art. Les jeunes se mobilisent également autour des questions environnementales, par notamment la création de sculptures réalisées à partir de pneus recyclés, ou encore en participant à des actions de reboisement.

De gauche à droite : Bocar Niang (Free label), Antonin Hélias (La Guilde), et Charlotte Bour (LAAFI France)

Ce que les microprojets nous enseignent

Trois idées fortes ressortent de cette soirée : 

Un microprojet n’est pas un « petit » projet. C’est un projet à taille humaine, ancré dans le réel, coconstruit avec les populations et les acteurs locaux, qui touche toujours aux trois piliers du développement durable (économique, social et environnemental) et qui a un impact très fort localement. 

Il n’y a pas d’âge pour agir. Jeunes producteurs audiovisuels en Amazonie, enfants dessinateurs et protecteurs de la mégafaune à Sao-Tomé, jeunes artistes à Tambacounda, femmes apicultrices en Casamance, mais aussi bénévoles de tout âge vivant en France : tous sont acteurs de transformations, à leur échelle, ensemble.

Les microprojets sont un excellent investissement. Le rapport coût-impact des microprojets est remarquable, d’autant plus dans un contexte de réduction de l’aide publique au développement : peu de frais de fonctionnement, des porteurs de projets souvent bénévoles, des communautés impliquées dès le départ, une taille idéale pour innover et tester. 

L'équipe de La Guilde et les intervenants réunis à l'issue du Comptoir le 21 avril 2026

Un grand merci à Esmeralda, Hugues, Charlotte et Bocar pour leurs témoignages, à toute l’équipe mobilisée pour cette soirée, ainsi qu’au public engagé, pour faire vivre la solidarité internationale.