Une capitalisation pour comprendre, reconnaître et aller plus loin
Comment l’Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale (ECSI) se décline-t-elle concrètement dans les territoires ultramarins ? À partir d’un webinaire organisé dans le cadre du programme COREOM, cette nouvelle synthèse propose une lecture transversale des initiatives portées par des organisations de la société civile en Guyane, à La Réunion, à Mayotte et en Guadeloupe.
Des pratiques déjà à l’œuvre, nourries de multiples héritages
Un constat traverse l’ensemble des témoignages : les organisations de la société civile ne se revendiquent pas toujours explicitement de l’ECSI. Pourtant, leurs démarches en portent pleinement les principes. Éducation populaire, pédagogies actives, mobilités régionales, coopérations entre territoires voisins, projets environnementaux co-construits avec des jeunes, transmission intergénérationnelle, création artistique engagée…Autant d’initiatives qui développent l’esprit critique, relient le local au global, renforcent le pouvoir d’agir et construisent une citoyenneté active. L’ECSI apparaît ici non comme un label, mais comme une posture éducative dans les territoires.
Une lecture structurée autour de quatre approches
Pour faciliter la compréhension – sans enfermer les projets dans des catégories rigides – la synthèse s’appuie sur quatre grandes approches pédagogiques :
- L’éducation populaire et les pédagogies critiques, qui partent des savoirs situés et font des participants des co-auteurs de l’apprentissage.
- La pédagogie de l’expérience et de l’action, où l’on comprend en faisant ;
- La pédagogie de la rencontre et de la mobilité, qui permet d’expérimenter la solidarité régionale et de sortir d’une vision isolée des enjeux.
- Les passerelles entre éducation formelle et non formelle, qui articulent école, associations, artistes, scientifiques et communautés locales.
Des enseignements transversaux pour l’avenir
Ce document s’adresse aux associations, établissements scolaires, collectivités, institutions et partenaires souhaitant mieux identifier la dimension ECSI de leurs projets, structurer leurs démarches pédagogiques, nourrir leurs coopérations régionales, ou renforcer leur capacité à dialoguer avec des bailleurs et réseaux nationaux et internationaux. Au-delà des expériences singulières, des repères communs émergent :
- L’importance d’ancrer les apprentissages dans l’expérience vécue.
- La nécessité de relier action locale et interdépendances régionales.
- Le rôle central des jeunes comme acteurs et non simples bénéficiaires.
- La valeur des coopérations horizontales, fondées sur la réciprocité.
La synthèse propose également des pistes pour aller plus loin : renforcer la reconnaissance de ces démarches, mieux structurer leur dimension ECSI, consolider les alliances régionales et favoriser l’essaimage entre territoires ultramarins. Parce que reconnaître ce qui existe déjà est souvent la première étape pour amplifier l’impact collectif.