En un an, le programme CORÉOM – cofinancé par l’AFD et la Fondation de France- a accompagné le passage d’un paysage d’initiatives isolées en une dynamique collective. Sous la coordination de La Guilde, “cheffe d’orchestre” du dispositif, les acteurs de la coopération régionale dans les Outre-mer s’accordent ensemble sur une même partition : celle du faire-ensemble au service du bien commun.
1. En un an, quel chemin a été parcouru ?
Au lancement de CORÉOM, le terrain était déjà riche : des associations, des institutions, des réseaux engagés… mais souvent chacun de leur côté. Le programme a permis de créer des ponts, de relier des initiatives parfois invisibles les unes aux autres, et de leur proposer un cadre et une visibilité commune pour donner de la cohérence. « L’approche choisie n’est pas “venez chez nous pour être vus”; c’est le programme qui va à la rencontre des territoires. »
En réunissant différents acteurs autour d’une même table, CORÉOM invite à un véritable partage d’expériences et de visions. Des structures qui n’avaient jamais collaboré ont découvert des complémentarités, ouvrant la voie à de nouvelles coopérations. « Les pièces du puzzle étaient déjà là ; en un an, les opportunités ont été générées pour qu’elles commencent à s’assembler. »
2. Pourquoi la dimension partenariale est-elle centrale ? Et quel est le rôle de La Guilde ?
Le cœur du programme, c’est la coopération multi-acteurs. Chaque partenaire – qu’il s’agisse de réseaux territoriaux, de bureaux d’études, d’acteurs institutionnels ou techniques – joue un rôle spécifique dans un ensemble coordonné. « La Guilde a une conviction au service du bien commun : l’objectif, c’est que ça fonctionne pour tous. »
La Guilde agit comme un chef d’orchestre : elle veille à l’équilibre entre les voix, à la bonne circulation de l’information et à la cohérence d’ensemble. Les partenaires, eux, apportent leur connaissance du terrain, leur expertise technique et leur ancrage local. « On agrandit la table de la solidarité internationale, tout en veillant à ne prendre la place de personne : on ajoute plutôt des chaises supplémentaires pour inviter de nouveaux acteurs à s’asseoir. »
Le déploiement du programme à Mayotte en 2024 illustre parfaitement cet esprit. L’absence de réseau structuré dédié à la solidarité internationale aurait pu freiner sa mise en œuvre. Au contraire, il a été choisi de s’adapter aux réalités locales et d’aménager la stratégie d’intervention, en mobilisant des acteurs clefs du territoire. « À Mayotte, on a ajusté l’architecture du programme en valorisant l’existant et la richesse de l’approche multi-acteurs. Sans ça, nous serions passés à côté d’énergies locales déterminantes pour l’ancrage territorial du programme. »
3. Quels enseignements et quels défis pour la suite ?
Le premier enseignement de ce programme, en termes de conduite, c’est l’importance d’être présent sur le terrain. Comprendre les dynamiques locales, rencontrer les acteurs et écouter leurs besoins ne peut pas se faire à distance ou par consultation ponctuelle. « Aller à la rencontre, ce n’est pas un slogan. C’est une méthode. »
Deuxième enseignement : le financement seul ne suffit pas. Pour qu’un projet réussisse, il faut aussi du relationnel et un accompagnement humain : mise en réseau, ingénierie, partage d’expériences, espaces de dialogue. « L’argent met en marche ; l’accompagnement renforce et donne la direction. »
Troisième leçon : la réussite passe par l’équité et la souplesse. Adapter les dispositifs aux spécificités ultramarines ne signifie pas uniformiser, mais au contraire permettre à chacun de jouer sa propre note dans un ensemble harmonieux. « L’objectif n’est pas l’uniformité ; c’est l’harmonie. »
Le défi des prochains mois sera de maintenir cette dynamique collective dans la durée, malgré des rythmes et enjeux parfois différents. Cela suppose de clarifier les rôles, de reconnaître les contributions de chacun et de consolider les acquis. «CORÉOM est l’illustration du fameux proverbe “Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin”. C’est une matérialisation du faire-ensemble : chacun son instrument, mais une même partition pour jouer une musique qui porte plus loin que nous. »