Porté par l’association Kazyadance dans le cadre du programme CORÉOM, le projet TRANSENDANSES illustre avec force la manière dont la culture peut devenir un levier structurant de coopération régionale, d’engagement des jeunesses et de solidarité internationale. À la croisée des territoires de Mayotte et de la République Démocratique du Congo, le projet s’appuie sur la danse comme langage commun pour relier création artistique, citoyenneté et dynamiques collectives.
La culture comme espace d’émancipation et de construction citoyenne
TRANSENDANSES confirme que la pratique artistique, lorsqu’elle s’inscrit dans un parcours structuré, dépasse largement le cadre de la création. À Kinshasa comme à Mayotte, la danse est devenue un espace d’affirmation de soi, de reconnaissance et de projection. Les jeunes participants ont renforcé leur confiance, affirmé leur identité et développé leur capacité à prendre la parole, non seulement comme artistes, mais comme citoyens engagés dans leurs communautés.
La culture apparaît ici comme un terrain d’apprentissage et de transformation, capable de renforcer le pouvoir d’agir des jeunesses et de leur offrir des perspectives nouvelles.
Apprendre par l’expérience et la rencontre
Au cœur du projet, une pédagogie fondée sur l’expérience, pleinement alignée avec les principes de l’Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI). Les immersions citoyennes, notamment à Masina (commune à l’est de Kinshasa), les temps de co-création et les échanges interculturels ont permis aux participants de relier directement leurs pratiques artistiques aux réalités sociales, économiques et politiques de leurs territoires.
Cette approche par la rencontre s’est révélée particulièrement structurante : elle favorise l’esprit critique, nourrit la compréhension des enjeux globaux et renforce le sens de l’engagement collectif.
Coopérer pour rompre l’isolement
En reliant Mayotte et la RDC, TRANSENDANSES met en lumière la valeur ajoutée de la coopération régionale et internationale comme réponse à l’isolement, souvent vécu par les jeunes artistes des territoires ultramarins et africains. La circulation des pratiques, des savoir-faire et des expériences a ouvert des perspectives professionnelles et artistiques jusque-là difficiles d’accès.
Cette mise en réseau crée un socle solide pour des coopérations durables, fondées sur la réciprocité, la reconnaissance mutuelle et la construction de projets communs.
Former des relais et favoriser l’essaimage
L’un des choix structurants du projet est de ne pas se limiter à un accompagnement ponctuel des bénéficiaires directs. TRANSENDANSES vise explicitement un effet multiplicateur. Les participants sont encouragés à devenir des relais locaux, capables de transmettre à leur tour compétences artistiques et valeurs citoyennes.
Cette logique d’essaimage a déjà porté ses fruits : ateliers, battles, actions éducatives et initiatives locales ont émergé, contribuant à renforcer le tissu culturel et associatif dans les territoires concernés.
Structurer pour durer
Le projet met également en évidence un enjeu central pour les acteurs culturels : la professionnalisation. Les modules consacrés à l’administration, à la gestion de projet et aux aspects techniques (régie, production) ont été particulièrement plébiscités. Ils montrent combien l’articulation entre création artistique et compétences de gestion est essentielle pour inscrire les initiatives dans la durée.
Cette dimension rejoint pleinement les valeurs de l’économie sociale et solidaire, en favorisant l’autonomie des acteurs et la pérennisation des projets.
Des dynamiques déjà ancrées dans les territoires
Enfin, TRANSENDANSES révèle que des dynamiques durables peuvent émerger rapidement lorsque les conditions de confiance et de coresponsabilité sont réunies. La création d’associations locales, le renforcement de partenariats institutionnels (INA, EUNIC, Plateforme Contemporaine) et la perspective d’éditions futures portées localement témoignent d’un ancrage réel du projet dans les territoires.
À travers TRANSENDANSES, CORÉOM démontre ainsi sa capacité à soutenir des initiatives où la culture devient un véritable levier de coopération, d’émancipation et de solidarité internationale, au service des jeunesses et des dynamiques territoriales.
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