Ceci est le site de La Guilde dédié aux projets solidaires. Faire un don à La Guilde

Guyane, territoire fertile des solidarités

Table des matières

Partager

De part et d’autre du fleuve Oiapoque, des parcelles agro-forestières régénèrent la forêt tout en nourrissant les communautés. Alliant savoirs ancestraux, solidarité et droit du vivant, l’initiative ancre une souveraineté alimentaire durable entre Guyane et États amazoniens du Brésil.

Un réseau né de la forêt

« Plus nous partageons nos savoirs, plus la forêt nous nourrit », résume Massiri Gueye, coordinateur du programme Savoirs de la Forêt depuis 2018. Le diagnostic était rude : pratiques agricoles qui s’effacent, orpaillage et abattage illégal qui minent les écosystèmes.


Les rencontres animées par Nature Rights Guyane ont changé la donne : plants échangés, recettes testées, chantiers collectifs (Mayouri) transformés en laboratoires où l’on marie manioc, cacaoyer, bananier, bois d’œuvre et plantes médicinales. Très vite, la dynamique a essaimé dans le territoire guyanais.

Nature Rights 2025

Semences d’ici… et d’en face

L’étape suivante franchit le fleuve : l’Amapá partage les mêmes défis. Des liens se tissent dès 2019 avec des acteurs d’agriculture traditionnelle en Amapà1. En avril 2025, six porteurs de projets guyanais et trois représentants de structures agricoles d’Amapà passent dix jours à se former auprès de la coopérative CAMPTA et de l’Institut agronomique brésilien (Embrapa) référence régionale en agroforesterie.

Carnets de terrain en poche, ils élaborent un plan commun : trois parcelles pilotes en Guyane à Saint-Georges, Roura et Macouria – chez l’association Panakuh, Ku Matu et la Ferme Singe Rouge – et trois autres dans les écoles familiales agricoles de l’État d’Amapà.

Du concept à la parcelle


Longtemps informelle, l’initiative a changé d’échelle avec le projet SAF Trans-Amazonia, grâce au programme COREOM. Appui financier et dispositif d’accompagnement via les partenaires relais régionaux, suivi scientifique de l’INRAE Antilles-Guyane : le cadre est posé. Surtout, le projet s’inscrit dans le plaidoyer de Nature Rights pour la reconnaissance juridique des entités naturelles : en prouvant que l’on peut produire sans abattre la canopée, ces parcelles donnent corps au droit de la forêt à exister, et au droit des communautés à se nourrir dignement.

D’ici 2026, les indicateurs doivent confirmer la régénération des sols, l’amélioration des conditions de production et la réappropriation des pratiques agricoles traditionnelles. Quand les premiers cacaoyers offriront leurs cabosses, ils diront le goût d’un chocolat local, la mémoire retrouvée des aïeux et la promesse d’un territoire
capable de vivre de sa propre forêt.

  1. Etat fédéré à l’extrême nord du Brésil. ↩︎