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ESS et solidarité internationale : quelles passerelles pour les territoires ultramarins ?

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À l’occasion du Forum mondial de l’Économie Sociale et Solidaire (GSEF) 2025, les Outre-mer ont affirmé leur place singulière dans le paysage de l’économie sociale et solidaire et de la solidarité internationale. Présents à l’événement, représentants et partenaires du programme CORÉOM ont affirmé la nécessité de mettre un coup de projecteur sur les territoires ultramarins, du fait que l’ESS constitue une passerelle naturelle vers des coopérations régionales ancrées, concrètes et durables.

Photo Arthur Pequin- GSEF 2025

Dans les bassins caribéen, amazonien et indiano-océanique, les initiatives portées par les sociétés civiles ultramarines croisent depuis longtemps enjeux sociaux, culturels, environnementaux et économiques. Elles s’inscrivent dans des dynamiques de proximité avec les territoires voisins, où la solidarité internationale se vit moins comme un principe abstrait que comme une pratique quotidienne du faire ensemble.

Des territoires ESS tournés vers l’international

Les échanges au GSEF 2025 ont mis en lumière un constat partagé : les acteurs ultramarins de l’ESS sont déjà engagés dans des coopérations régionales et/ou internationales, qu’il s’agisse de culture, de sport, d’environnement, d’égalité ou de santé. Ces projets, portés par des associations et des structures de l’ESS, agissent comme des laboratoires de solutions face à des défis communs — changement climatique, inclusion sociale, transmission des savoirs, préservation des écosystèmes.

Dans ce contexte, CORÉOM se conçoit dès lors comme un dispositif facilitateur, capable de relier les logiques de l’ESS aux cadres de la solidarité internationale. En soutenant des projets à la croisée de ces deux champs, le programme contribue à rendre lisibles des pratiques hybrides, où l’impact social local dialogue avec des coopérations à l’échelle régionale.

CORÉOM, une passerelle entre ESS et solidarité internationale

Lancé en 2024, CORÉOM accompagne des organisations de la société civile ultramarines dans la structuration et la mise en œuvre de coopérations régionales, en Atlantique comme dans l’océan Indien. Le programme ne se limite pas à un soutien financier : il propose un accompagnement de proximité, assuré avec l’appui des Réseaux Régionaux Multi-Acteurs, et favorise la montée en compétences, la mise en réseau et la visibilité des initiatives.

Cette approche résonne pleinement avec les principes défendus au sein du GSEF : coopération multi-acteurs, ancrage territorial, réciprocité des partenariats et recherche d’un impact durable. À travers CORÉOM, l’ESS ultramarine trouve un cadre pour dialoguer avec les acteurs de la solidarité internationale, tout en restant fidèle à ses valeurs et à ses pratiques.

Faire réseau pour changer d’échelle

La présence de CORÉOM et de ses partenaires au GSEF 2025 a également souligné l’importance de faire réseau, au-delà des frontières institutionnelles et géographiques. En donnant de la visibilité aux projets portés depuis les Outre-mer, le programme contribue à élargir les cercles d’acteurs engagés, à créer des passerelles avec d’autres territoires du monde et à nourrir une réflexion collective sur les modèles de coopération.

Dans un contexte global marqué par des incertitudes sociales, économiques et climatiques, les expériences ultramarines rappellent que l’articulation entre ESS et solidarité internationale peut constituer un levier puissant de transformation, à condition de s’appuyer sur des dispositifs adaptés, des partenariats équilibrés et une reconnaissance des savoirs locaux.

Les Outre-mer, acteurs à part entière des coopérations internationales

À travers CORÉOM, les Outre-mer affirment leur rôle non seulement comme espaces d’expérimentation, mais comme acteurs à part entière des coopérations internationales. Le GSEF 2025 a offert une scène internationale pour faire entendre cette voix, valoriser des pratiques issues des territoires et rappeler que la solidarité internationale gagne en force lorsqu’elle s’ancre dans les réalités locales et les dynamiques de l’ESS.

« Quelle expérience enrichissante ! J’ai eu l’honneur de représenter fièrement le Réseau Régional Multi-Acteur (RRMA) de La Réunion et de mettre en lumière nos territoires ultramarins. »

Yann Beaudemoulin – chargé de mission Mobilité Jeunes et de la Coopération Internationale, CIRRMA La Réunion