Visiter des microprojets, échanger avec partenaires institutionnels et organisationnels ainsi que rencontrer des volontaires, tels étaient les objectifs de la mission de terrain au Bénin d’Héloïse Ruban, chargée de mission Microprojets, en décembre 2024.
La Guilde au Bénin, c’est 52 microprojets financés depuis 2014, dont 5 à l’appel à projets Automne 2024, et 7 qui utilisent le sport comme outil de développement. Ce sont 34 acteurs, dont 2 locaux, qui ont bénéficié de ces financements et mettent en place des initiatives à destination de la population béninoise. Le Bénin est le quatrième pays recevant des financements de La Guilde. Notre organisation envoie également 6 volontaires dans 5 structures d’accueil partenaires.
C’est dans ce cadre qu’Héloïse a parcouru le sud du Bénin pour aller à leurs rencontres et échanger sur leurs actions.
Rencontres et premiers échanges à Cotonou
A son arrivée à Cotonou, le 9 décembre, Cyrus Oulatar, volontaire de solidarité internationale (VSI) pour l’association Pompiers Solidaires, lui a présenté ses actions en faveur de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les environs de Comé. Héloïse a également rencontré Laure Weisgerber, directrice de l’antenne béninoise de l’Agence française de développement, et Sylvie Gomez, chargée de mission Santé, organisations de la société civile, crises et conflits, l’occasion de présenter La Guilde et ses actions au Bénin. Enfin, la journée s’est achevée avec des échanges avec Noé Courvallet présent au Bénin en tant que coordinateur des actions du GERES (Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarités) en mission de VSI envoyé par La Guilde.
Avec son décor luxuriant, des paons, des chauve-souris, l’Ambassade de France au Bénin a accueilli Héloïse lors d’un entretien avec Audrey Lieber. Cet échange leur a permis de revenir sur le contexte béninois, et présenter les dispositifs de soutien aux organisations présentes au Bénin, portés par l’institution et l’organisation, ainsi que leurs perceptives.
Le sport, vecteur de transformation
L’après-midi du 10 décembre a été marquée par la première visite d’un microprojet de cette mission : « Mi Dokpo – Ensemble pour l’émancipation des jeunes » de l’association française Enfants de l’Ovale et l’association béninoise Grandir avec le Rugby Bénin. Ce microprojet, financé par La Guilde dans le cadre du programme Impact 2024 International, touche à sa fin et a permis de proposer le rugby à de nombreux jeunes dans le sud du Bénin.

Eric Kpogba, président de l’association Grandir avec le Rugby, et Romain, éducateur dans le cadre du projet « Mi Dokpo »
Grâce à la formation d’entraineurs de rugby, notamment aux questions de genre, à la préservation de la nature, des ateliers de rugby socio-éducatifs se tiennent chaque semaine à Cotonou et dans d’autres villes auprès de plus de 400 enfants de 7 à 14 ans. Des ateliers de soutien scolaire sont également organisés dans les nouveaux locaux de l’association Grandir avec le rugby.

Allier découverte d’activités professionnelles, générer des revenus tout en proposant un sport de main peu connu localement ? Tels sont les défis que l’association REPAC-SJ-Bénin présente à Ikpinlè, a relevé dans le cadre de son projet « Ensemble c’est mieux », financé lors de la 4ème session d’appel à projets d’Impact 2024 International.
Jeunes et entraineur présent à un entrainement de volleyball – REPAC-SJ-Bénin
Héloïse a visité le projet lors de sa troisième journée au Bénin. Le volleyball est devenu un sport pratiqué par de nombreux jeunes du département des Plateaux, aux côtés du handball et du football, plus connus localement. Les mercredis et vendredis soir, et les samedis après-midi, une petite centaine de jeunes se réunissent sur les terrains de volleyball pour bénéficier d’un entraînement par un coach. Les résultats ont été très rapides : en un peu plus d’un an, un groupe de jeunes a obtenu la première place au championnat départemental de volleyball, et s’est qualifié pour le championnat national. Une équipe féminine a également été sélectionnée pour participer au Festival National du Sport Féminin. Des formations aux métiers du sport ont aussi été proposées aux participants, autour de la fabrication de filets de sport, et de la photographie sportive. Un magasin de vente de produits sportifs a également été ouvert sur la route qui relie Porto-Novo à Pobé. Des cours de renforcement scolaire sont mis en place pour les jeunes qui passent des examens, afin de les encourager dans leur réussite scolaire tout en continuant l’entrainement sportif.
Des engagements en faveur des enfants et de communautés
Le 12 décembre a été l’occasion de faire connaissance avec les acteurs impliqués dans l’orphelinat de Béthel, à Sakété. Parti d’une initiative personnelle d’Ebel Ayikpola, l’orphelinat accueille aujourd’hui une soixantaine d’enfants, placés par le Centre de Promotion Sociale, par le tribunal ou par la police. Localement, l’ONG Compassion pour le Développement s’occupe de l’orphelinat Béthel, et des enfants qui y sont.

Extérieur de l’orphelinat de Béthel
Le projet financé par La Guilde en 2022 a permis la mise en place d’une pompe solaire, a participé à la mise aux normes de l’orphelinat (agrandissement de la cuisine, achat de mobilier pour une salle d’étude…) ainsi qu’à l’achat d’un champ de culture de maïs et de manioc qui servent à nourrir les enfants de l’orphelinat. Les efforts fournis par l’Association française Main de Consolation et l’orphelinat de Béthel ont permis à l’orphelinat d’obtenir, en décembre 2024, l’agrément du ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance du Bénin, et ainsi d’être officiellement un centre d’accueil et de protection de l’enfant.

Vendredi 13 décembre, Héloïse a retrouvé Rachel Araye-Kpanou, animatrice du réseau d’échanges des acteurs du secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement (REAGIRE) du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), coanimé en France par le pS-Eau. Suite à une rencontre à Cotonou le premier jour de la mission terrain, elles ont visité ensemble le projet de l’Association Eau pour la Vie à Akpro-Missérété, où une pompe photovoltaïque, deux tanks et deux points d’eau autonomes ont été installés en partenariat avec la commune.
Point d’eau dans le village d’Adélomi, à Akpro-Missérété mis en place par la commune et l’Association Eau pour la Vie
Ce projet permet à la population d’avoir accès à de l’eau potable dans le village, et d’utiliser l’eau pour leur activité d’extraction « d’huile rouge » qui a doublé depuis l’installation du forage. La visite s’est déroulée avec une délégation de la mairie, dont faisait partie le maire Joseph G. Hounkanrin, son chef de cabinet, et d’autres membres du corps administratif et technique. Des échanges sur le projet et les perceptives de la commune en matière d’eau et d’assainissement ont eu lieu pendant la rencontre. Un repas a ensuite été partagé par les acteurs présents, invités par le maire à son domicile.
La suite de la journée a permis à Héloïse d’assister à une réunion du comité de gestion de la bibliothèque d’arrondissement de Hozin, qui mets en place un projet de bibliothèque et ludothèque dans une école de Dangbo. Ce projet est mené en partenariat avec l’association française Dessine-moi l’Afrique.
Vers une autonomisation des populations locales
La mission terrain s’est ensuite poursuivie à l’ouest du Bénin, à Toviklin, auprès de l’ONG RADD qui a mis en place plusieurs projets en partenariat avec l’association française Nonzobénin, dont trois ont été financé par La Guilde.

Des femmes arrosant le jardin-école communautaire dans l’enceinte des locaux de l’ONG RADD
Depuis 2017, un jardin-école communautaire permet à des femmes réunies en coopérative d’expérimenter de nouvelles techniques, et d’avoir un espace de plantation proche d’une source d’eau disponible toute l’année. Un château d’eau a été construit dans ce cadre afin de faciliter la mise en culture, le développement d’un poulailler et proposer un point d’eau aux habitants. Une partie des cultures produites est servie aux enfants bénéficiant de la cantine solidaire. Héloïse a échangé avec les femmes de la coopérative afin de revenir sur l’impact de ce projet. Durant ces échanges, les femmes présentes ont indiqué pouvoir cultiver toute l’année sur les parcelles de RADD, et y ont planté des produits habituellement inaccessibles dans la région, tels que des carottes, des amarantes… permettant à leurs familles d’avoir des légumes et fruits bio toute l’année. Un centre de formation professionnelle en couture et en coiffure de jeunes déscolarisés a également été ouvert par les associations RADD et Nonzobénin. 45 jeunes bénéficient actuellement d’une formation de 3 années, qui leur permettra de passer un examen et ensuite d’avoir leur propre activité. Un projet d’aide alimentaire pour les ménages démunis de Toviklin a également été développé durant la période du covid-19.

Non loin de ces projets, à Djakotomey, l’Association d’Aide au développement durable d’initiatives locales au Bénin et au Togo (ADDIL) et l’Institut de développement et d’appui à la recherche traditionnelle pour la santé (IDART Bénin) se sont réunies pour proposer à une coopérative de femmes d’élever et de commercialiser des poissons d’eau douce, de manière intégrée au maraichage.
Des membres de la coopérative bénéficiaire du projet d’élevage et de commercialisation de poissons intégré au maraichage des associations ADDIL et IDART
Ce projet encore en cours de réalisation, a marqué la dernière visite de projet d’Héloïse au Bénin. Certaines femmes de la coopérative étaient présentes lors de la visite et ont montré à Héloïse les étangs et les poissons actuellement en grossissement, ainsi que les zones de maraichage.
Clôture de la mission de terrain
Le 18 décembre, de retour à Cotonou, Héloïse a rencontré Sylvie Dagba, représentante nationale de France Volontaires au Bénin, Donald Azokli, chargé d’appui au développement des volontaires et Loriane Moranton, chargée d’appui à l’espace volontariats. Cette rencontre a permis aux équipes de l’antenne béninoise de France Volontaires de découvrir les différentes activités de La Guilde, dont font partie l’appui aux microprojets, mais également de revenir sur les engagements de La Guilde en matière de volontariat. Les échanges furent riches et promettent de belles perceptives. L’après-midi permis de lier connaissance avec Elise Becker et Inès Hammiche, en mission de service civique pour l’association Afrique Pleine d’Avenir qui intervient au Bénin dans le domaine de l’éducation, avec des constructions d’écoles, des échanges entre écoles béninoises et françaises ou encore en proposant à des femmes de participer à un programme de renforcement de capacités professionnelles. La journée et la mission d’Héloïse se sont achevées par une dernière entrevue avec Rachel Araye-Kpanou pour revenir sur la visite conjointe réalisée plus tôt, et aborder les perceptives futures de collaboration.

Rencontre avec l’équipe de France Volontaires – Bénin
Une mission riche en échanges et en perspectives
Cette mission de terrain au Bénin a permis d’aller à la rencontre des acteurs locaux engagés, qui œuvrent aux côtés d’associations françaises, pour mettre en place des microprojets de solidarité internationale variés et essentiels, qu’il s’agisse d’accès à l’eau, d’éducation, de sport ou d’autonomisation des communautés. À travers ces initiatives soutenues par La Guilde, l’impact des microprojets et des actions menées ressort, favorisant l’amélioration des conditions de vie des populations béninoises. Ces visites et échanges renforcent les liens entre les porteurs de projets, les volontaires et les institutions, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles collaborations et opportunités de soutien. Cette mission réaffirme le besoin de continuer à s’engager auprès des porteurs de projets et autres acteurs du développement, ainsi que le rôle de La Guilde comme partenaire essentiel de ces actions.