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Accompagner les porteurs de projet, c’est aussi sécuriser les parcours de coopération

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Depuis septembre 2024, le Groupe Unite Caribbean assure l’accompagnement technique des porteurs de projets COREOM dans l’espace Atlantique. Au-delà du soutien ponctuel, l’équipe se donne une mission claire : renforcer les capacités des Organisations de la Société Civile (OSC) sur la durée, pour qu’elles deviennent actrices d’une coopération régionale solide, structurée et soutenable. 

Un accompagnement structurant, pensé avec les porteurs

Le rôle de COREOM ? Pour Damien Girou, il ne s’agit pas seulement d’un fonds : « C’est un cadre de structuration et une méthodologie.”. 
Chargé de projet au sein de l’association Emergence Caribbean- membre du groupe Unite Caribbean1 – Damien précise les enjeux, les défis et la valeur ajoutée de ce dispositif d’appui, pensé pour renforcer les capacités des associations et favoriser leur montée en compétences, bien au-delà du seul soutien financier. 

Tout d’abord, la méthodologie d’accompagnement développée par Emergence Caribbean repose sur un diagnostic associatif individualisé, un outil qui permet d’évaluer la maturité des structures sur différentes dimensions (partenariats, gouvernance, gestion de projet, suivi budgétaire, etc.). « Les thématiques d’appui ont été définies avec les porteurs, en fonction de leurs priorités et de leurs besoins. ». Chaque structure lauréate bénéficie ainsi d’une feuille de route personnalisée, adossée à une boîte à outils transférable, et complétée par des ateliers collectifs et ouverts à toutes les OSC, lauréates ou non du programme, organisés localement en binôme avec Karib Horizon, autre structure d’animation territoriale du programme. 

Temps de séance d’accompagnement technique avec une OSC porteuse de projet lauréat du programme COREOM – Cayenne (Guyane française), Juin 2025.

Une relation d’appui, pas d’ingérence

Un des axes majeurs de l’accompagnement est le renforcement de la gestion partenariale, souvent complexe dans des contextes transfrontaliers. « On ne se substitue pas : on aide à poser les bons jalons, à organiser les flux, à rappeler les engagements et les responsabilités entre les partenaires du projet. » 
Cela passe par des réunions, des échanges bilatéraux, des rappels des conventions, mais surtout par une écoute fine du tempo réel des associations. 

« Il faut savoir s’insérer dans leur calendrier, ne pas rajouter une pression. L’objectif, c’est de leur permettre de se concentrer sur le cœur de leur action. »

Du temps consacré en amont, de la clarté gagnée

L’un des apports clés de l’accompagnement, c’est la gestion du temps et la réduction du stress lié à la redevabilité. « Souvent, les porteurs passent plus de temps à rendre des comptes qu’à mettre en œuvre leurs projets. Notre appui permet de rééquilibrer cela. » 
Des réponses rapides, des outils concrets, une aide au recalibrage budgétaire… autant d’éléments qui rassurent les OSC, mais aussi leurs partenaires internationaux, souvent en attente de lisibilité et de méthode. 

De mi-octobre à début décembre, 18 associations sélectionnées en étape 1 – du coté Atlantique – ont travaillé à la production d’un dossier complet de candidature, sur la base d’une note initiative. Elles ont pu bénéficier d’un nouvel accompagnement à la fois personnalisé (assistance à l’élaboration du dossier complet) et collectif (appui sur l’établissement des partenariats et à l’identification de co-financements). 
Cette expérience a permis de faire émerger une lecture fine du terrain : des thématiques variées (environnement, culture, genre), mais des blocages récurrents, comme la difficulté à déchiffrer un langage nouveau et perçu comme trop technocratique, les imprévus des calendriers, les décalages de la trésorerie qui demandent une agilité forte, notamment lors de la phase de démarrage. Elles ont pu bénéficier d’un nouvel accompagnement à la fois personnalisé (assistance à l’élaboration du dossier complet) et collectif (appui sur l’établissement des partenariats et à l’identification de co-financements).  

Coopération régionale : une pédagogie par la pratique

« La solidarité internationale est souvent pensée comme un transfert, mais en réalité, c’est un échange. » Chaque projet est un outil transformateur pour l’ensemble des parties prenantes : les partenariats entre porteurs de projets guyanais et brésiliens illustrent particulièrement bien ce constat ; en effet, ils sont souvent confrontés aux mêmes réalités et besoins dans un contexte socio-environnemental similaire. Grâce à l’accompagnement, COREOM permet d’expérimenter, d’ajuster, de renforcer l’expérience de coopération. Il révèle les zones d’ombre, mais aussi les opportunités.

Pour la suite : continuité et autonomisation

Pour Damien Girou, l’accompagnement ne doit pas être un luxe temporaire. Il doit permettre aux associations d’atteindre à long terme une forme d’autonomie organisationnelle et économique. Cela nécessite du temps, de la continuité, une écologie des ressources, et un cadre moins contraint dans les calendriers. 

« Le programme COREOM nous a permis une vision bien plus concrète des besoins des OSC du territoire. Il a aussi mis en lumière les blocages entre partenaires, les besoins d’un équilibre dans la répartition des moyens pour les associations ultramarines, qui ont des spécificités différentes par rapports à leurs homologues en Hexagone. Ce retour d’expérience est essentiel pour proposer des améliorations structurelles des dispositifs tels que COREOM ». 

– Damien Girou –  Emergence Caribbean